Lise, ma p’tite Lise, je pars.
D’abord la mer et puis on verra.
Parce qu’il y a des moments où rien ne peut être changé sans quoi tout change. Des moments où rien ne peut être dénoué de nous sans quoi tout est dénoué. C’est comme un crime je sais, j’suis l’tueur j’suis l’tueur. T’es mon âme encore tiède abandonnée, non, oubliée sur le lieu du crime. J’espère surtout que mes empruntes sur toi s’effaceront.
Je sais que ta jeunesse préservera ton étonnement renouvelé de pas comprendre, et c’est bien. J’prend le large. Lise, Lise compte pas sur le temps qui passe, bouge vite, vite, oublie-moi à toute vitesse, couche avec des garçons et des hommes.
Je me souviens du tout premier dessin que tu m’avais envoyé, un des plus beaux, avec cette phrase dessous: “Quand une fille écarte les jambes ce ne sont que des secrets qui s’envolent comme des papillons”, mais sois prudente, pas d’amour sans préservatif. Ecoute-moi Lise, je pourrais pas te revoir à nouveau, ni te toucher, tant que la vie aura pas effacé mes empruntes sur toi, oublie, oublie-moi, sois admirable, j’t’embrasse Lise, j’t’assure que j’t’embrasse.
Pour toujours et à jamais.